
« Je suis quand même un peu inquiète [une employée de la découpe]. » « L'emploi ? On n'est pas complètement rassurés » [un ouvrier]. » « Les repreneurs ont les épaules larges. C'est plutôt rassurant » [un employé]. » À l'heure de la pause de midi, la prudence et la vigilance étaient de mise, hier, au siège du groupe Arrivé, à Saint-Fulgent (Vendée).
Les conséquences de la reprise d'Arrivé soucient la CGT : « Nous sommes rassurés de voir que l'ensemble d'Arrivé sera repris. Mais nous avons peur des restructurations à venir », explique Jocelyn Poiron, délégué syndical. Lequel affirme que les cégétistes refuseront toute mutation ou mobilité forcées. Pourquoi ? « Parce que LDC aime avoir des sites dédiés à une seule activité », précise-t-il.
La CFDT, majoritaire, est moins pessimiste. Jean-Luc Humeau, secrétaire du comité central d'entreprise, pense que LDC « est l'industriel qu'il fallait » pour la reprise. « Il n'a jamais fermé de sites. Et il a promis de préserver l'emploi. »
Les cédétistes, qui « ne signeront pas un chèque en blanc », ont une crainte majeure : que les éleveurs, partie prenante au capital au titre de la nutrition animale, n'intègrent pas le nouveau groupe : « Cela mettrait en cause la pérennité de l'usine », estime Thierry Boudeau, délégué syndical CFDT.
Jacques Arrivé, directeur général, qui deviendra après le rachat à intervenir en décembre, le président de la filiale Arrivé, relativise le problème : « Les habitudes vont changer. L'un, la coopérative d'éleveurs, va devenir le fournisseur de l'autre [LDC]. Et ils auront besoin de travailler ensemble. »
Jacques Arrivé, dont le père créa l'entreprise dans les années 50, se dit « fier » d'avoir fait travailler près de 3 000 salariés. « LDC n'a pas acheté une société en difficulté », souligne-t-il. Il se dit « confiant dans l'avenir de l'emploi », même s'il ne cache pas « qu'il y aura des réorganisations ». D'où la « vigilance » des syndicats, qui refusent que les travailleurs en fassent les frais.
Communiqué de l’autorité de la concurrence
24 novembre 2009 : Secteur de la viande de volaille
L'Autorité de la concurrence autorise sous plusieurs conditions l'acquisition du groupe Arrivé par le groupe LDC
L'Autorité de la concurrence a finalement autorisé l'opération sous réserve d'engagements permettant de remédier aux problèmes concurrentiels
identifiés.
Les engagements de LDC
à St-Fulgent, le 25 Novembre 2009
Objet : Négociations sur la GPEC
Mr Le DRH,
Depuis plusieurs mois se sont engagées des négociations sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.
Tout au long de ces discussions, la CGT a développé de fortes revendications pour que la GPEC permette une réelle amélioration des conditions de vie et de travail alors que celles-ci sont particulièrement dégradées pour les salariés de nos professions, ainsi que pour maintenir et développer l’emploi dans l’entreprise.
Même si nous reconnaissons que ces réunions ont permis d’améliorer le projet initial, la CGT estime que cela est insuffisant et se limite à des grandes déclarations de principe.
Avec le rachat confirmé d’Arrivé par LDC, aucune vision sur l’avenir des emplois des salariés ne nous a été donnée.
La CGT en l'état actuel de ce projet ne peut imaginer signer un tel accord. Cela serait non seulement irresponsable mais très dangereux face aux inquiétudes légitimes des salariés quant à leurs emplois.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le DRH, l’expression de nos salutations distinguées.
La CGT Arrivé
A Saint-Fulgent, le 17 Novembre 2009
Objet : partage des bénéfices
Mr Arrivé,
Vous avez annoncez lors de la réunion de CCE du 05 Novembre des très bons résultats pour 2009.
Vous avez expliqué que par des pratiques comptables, la participation pour les salariés serait nulle ou quasiment nulle. Vous comprendrez que c’est inacceptable.
La CGT vous a fait remarquer en réunion de CCE que rien ne vous empêchait de redistribuer ces bénéfices sous forme de prime exceptionnelle. Comme indiqué sur notre compte-rendu de CCE du 10 Novembre, nous réitérons par ce courrier notre demande de prime pour les salariés qui par leur travail sont les seuls créateurs de richesse de l’entreprise.
La CGT vous demande donc une prime de 1000 Euros, soit un tiers des bénéfices prévus, ce qui vous en conviendrez, ne serait que justice sociale et vous laisserait ainsi qu’aux autres actionnaires une assez belle fortune gagnée sur le dos des salariés.
Il va de soi qu’en l’absence de réponse favorable à nos légitimes revendications, nous essaierons, comme vous le dites si bien, d’être tous ensemble mobilisés, pour que Noël soit réussi pour les salariés.
Veuillez agréer, Mr Arrivé, l’expression de nos salutations distinguées.
La CGT Arrivé
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