informations du syndicat CGT de la société Arrivé - Maître Coq, une entreprise du groupe LDC.

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Multiplication des séquestrations de responsables d'entreprises

Syndicats : distance officielle, soutien officieux

Les organisations de salariés sont souvent très actives dans les actions musclées.

 

Les syndicats sont-ils dépassés par les événements ? Autrement dit, la multiplication des séquestrations de responsables d'entreprises vouées à la fermeture signe-t-elle le divorce entre des représentants syndicaux «raisonnables» et une base salariée incontrôlable ? Pas si simple. Car si la question du recours à des actions à la limite de la légalité gêne les confédérations au niveau national, elle semble assumée, par contre, par les sections syndicales dans les entreprises, le plus souvent en collaboration avec les salariés. Pour des raisons notamment juridiques, les états-majors peuvent ainsi difficilement justifier la pratique de la séquestration. Mais sans la condamner pour autant.

 «Epiphénomène».Tout en refusant le recours à la violence, Marcel Grignard, secrétaire national de la CFDT, estime que les incidents qui ont émaillé les derniers conflits sociaux sont la conséquence «de décisions inacceptables ou incompréhensibles pour les salariés». Soit parce que ceux-ci «ont fait des efforts en travaillant plus, comme à Continental, soit parce qu'ils sont moins bien traités que d'autres sites du groupe, comme chez Sony». A la CGT, on choisit même de minimiser. Dans une interview accordée mercredi à la Voix du Nord, Bernard Thibault parle des séquestrations comme d'un «épiphénomène». Et de reconnaître que si la CGT «n'encourage pas» de tels actes, ces actions sont, dans la plupart des cas, «organisées dans un cadre syndical».

Dans les entreprises, en effet, les syndicats sont loin d'être débordés. Sur le site Sony de Pontonx-sur-l'Ardour, dans les Landes, la CGT était largement aux commandes de l'action ayant conduit à la séquestration du PDG du groupe. Chez Fulmen, à Auxerre, dans l'Yonne, ce sont ni plus ni moins des syndiqués FO, dont le responsable du comité d'entreprise, qui ont contraint le directeur du site à manifester avec eux le 29 janvier dans les rues de la ville, jour national de mobilisation interprofessionnelle. Chez Caterpillar, dans l'Isère, où des cadres ont été retenus, Patrick Bernard, responsable de l'union départementale CGT des métaux, estime que son organisation «agit en symbiose avec les salariés». Même chose au sein de la fonderie Helveticast, dans le Maine-et-Loire, où la menace, en septembre, de faire sauter l'usine, a été prise «entre les salariés et les organisations syndicales», selon Michel Bouyer, responsable départemental de la CFDT métallurgie. Et quand bien même la fonderie aurait sauté, «j'aurais assumé cette décision en tant que responsable CFDT», explique ce syndicaliste, qui refuse toute comparaison «avec les violences qui ont eu lieu à Strasbourg».

 Faiblesse.Le recours à la radicalité est donc moins le signe d'un débordement des syndicats par leur base qu'une incapacité à peser, seuls, sur les décisions des entreprises. Une faiblesse qui «pourrait inciter les syndicats, parfois de manière démagogique, à se rallier de façon systématique à ces mouvements pour se refaire une santé», estime Jacques Le Goff, professeur en droit du travail à Brest. Reste que de nombreux syndicalistes justifient aujourd'hui ces actions comme une réponse à l'inflexibilité du patronat, dans un pays, la France, où la pratique de «l'action directe» est à la base même de l'histoire du syndicalisme. Et où par conséquent, le patronat a intégré cette culture au point de n'accepter de négocier que sous la contrainte. A l'inverse des pays à tradition sociale-démocrate, où les pratiques de la négociation et de la cogestion sont depuis longtemps institutionnalisées.

 

 

LUC PEILLON

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T
Je l'ai mis sur mon blog.
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