Salaires . Le gouvernement a confirmé hier l'absence de coup de pouce au salaire minimum, qui augmentera au 1er juillet de 1,3 point seulement.
Pour la troisième année successive, le gouvernement, qui se veut celui « du pouvoir d'achat », a confirmé hier qu'il ne donnerait pas de « coup de pouce » au SMIC. La revalorisation du salaire minimum, au 1er juillet prochain, sera donc limitée au minimum légal, calculé en fonction de l'inflation et de l'évolution du salaire « ouvrier », soit + 1,3 % cette - année (voir encadré). La - semaine prochaine, les 3,37 millions de smicards verront leur taux horaire passer de 8,71 euros brut à 8,82 euros, et leur salaire mensuel (pour 35 heures) passer de 1 321 euros à 1 337,70 euros, soit 16 euros de gain.
un rapport très idéologique
C'est Brice Hortefeux, ministre du Travail, qui a présenté hier matin ce grand pas en avant devant la Commission nationale de la convention collective (CNNC), où siègent patronat et syndicats. Et de prétendre qu'avec 1,3 % de progression, « le pouvoir d'achat des salariés concernés est tout à la fois préservé et garanti ». « Il vaut mieux une vraie revalorisation qu'un faux coup de pouce qui aurait un effet boomerang sur l'emploi et sur les plus défavorisés, et remettrait en cause l'emploi, notamment dans les petites entreprises », s'est-il justifié, reprenant les arguments servis par le groupe d'experts désigné par le gouvernement pour - réfléchir sur le SMIC. Début juin, les cinq économistes ont rendu un rapport très idéologique dénonçant les « conséquences incontestablement défavorables » de la hausse du SMIC depuis quinze ans. « De solides constatations empiriques convergent pour affirmer qu'un coût élevé du SMIC évince du marché du travail les travailleurs les plus fragiles », ont-ils affirmé. Traduction : les smicards doivent comprendre qu'en limitant leur pouvoir d'achat, le gouvernement les protège du chômage !
Si « l'ensemble des organisations patronales a été satisfait », selon la CGT, tous les syndicats ont critiqué le gouvernement. « 11 centimes de l'heure, soit une journée de travail pour se payer une baguette de pain, c'est scandaleux ! » a tonné Maryse Dumas pour la CGT, tandis que FO a comparé les « mesures exceptionnelles prises pour les banques et pas pour les - salariés ». La CFTC a regretté que « le gouvernement ne prenne pas en compte le fait que les salaires soutiennent la consommation ». Même la CFDT a « demandé un coup de pouce au SMIC, contrairement à l'habitude », également au nom du soutien à la consommation.