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Le groupe Arrivé réfléchit à l'ouverture de son capital. Une perspective qui suscite des interrogations du côté des salariés comme chez les éleveurs. Ça bouge dans le monde de la volaille vendéenne. Le groupe Arrivé étudie la perspective de l'ouverture de son capital.
Le monde de la volaille vendéenne est en pleine effervescence (lire Ouest-France du vendredi 13 mars). Le groupe Arrivé (2 835 salariés, dont 2 000 en Vendée, 577 millions d'euros de chiffres d'affaires), l'un des fleurons de l'agro-alimentaire vendéen, réfléchit à l'ouverture de son capital.
« C'est une réflexion que nous menons, avec nos partenaires historiques, la société Unigrains et la coopérative des aviculteurs du Bocage », indique la direction dans un communiqué.
Pour justifier cette recomposition à venir du capital (1), le groupe souligne qu'il doit « consolider sa croissance et conquérir de nouveaux territoires », mais sans rien dévoiler des scénarios étudiés. Côté syndical, on n'est pas surpris.
« Ça fait quelque temps qu'on voit des visiteurs dans l'usine, commente Jean-Luc Humeau, de la CFDT, on sait que des tractations ont lieu en ce moment. » Si le syndicat ne s'oppose pas à ces mouvements capitalistiques, il entend rester « très vigilant, notamment en terme de sauvegarde de l'emploi », rappelant au passage « tout ce que les ouvriers et les éleveurs ont fait dans les années 70, par leur soutien, pour permettre à la famille Arrivé de garder leur entreprise ».
Préserver la concurrence
Le syndicat n'ignore pas que plusieurs groupes seraient ravis d'entrer dans le capital du groupe Arrivé, Gastronome (Terrena) et LDC seraient d'ailleurs sur les rangs. Pas surprenant pour la CFDT, « car le groupe Arrivé gagne de l'argent ». Les éleveurs, qui détiennent une partie du capital via la Coopérative intégrée des aviculteurs du bocage (Ciab), suivent le dossier de près. Selon les observateurs, la coopérative devrait peser de tout son poids dans ce dossier, « et jouer les arbitres ».
Responsable avicole à la FDSEA, Guy Brémond, qui flaire des mouvements de concentration important dans la filière, souhaite préserver coûte que coûte « la concurrence. » Pour Joël Limouzin, patron de la FDSEA, il faut défendre défend bec et ongles « un modèle qui donne toute sa place aux producteurs, avec un lien très fort entre l'entreprise de transformation et les producteurs pour pouvoir peser sur la grande distribution. »
Philippe ECALLE.
Ouest-France