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Les syndicats étaient à l'unisson hier pour protester contre la politique du gouvernement. Une vague de mécontentement populaire s'est abattue, hier, à La Roche-sur-Yon. Ils étaient 10 000 à marcher contre la politique de Nicolas Sarkozy.
« Combien ils sont ? Je ne sais pas, ils sont trop nombreux. » À elle seule, cette déclaration (d'un policier) résume l'ampleur de la manifestation d'hier au chef-lieu.
Selon les organisateurs, ils étaient près de 10000 à battre le pavé dans les rues de La Roche-sur-Yon. Un long ruban pavoisé de drapeaux syndicaux (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, Unsa, Solidaires, FSU, etc.) et de calicots revendicatifs, ironiques ou grinçants. De mémoire de syndicaliste, pour retrouver telle affluence, « il faut remonter aux manifestations anti-CPE », se souvient Jean-Marc Jolly, de la CGT.
Denis Turbet-Deloff, de Solidaires, se souvient de pareille mobilisation, en 1995, « lors des manifs pour la défense des retraites et de la Sécu ». Hier, pas de revendications corporatistes, plutôt un package de récriminations, mêlant défense de l'emploi, du pouvoir d'achat et du service public, mais aussi parfois désarroi.
Principal dénominateur commun à tous les manifestants, le rejet, en bloc, de Nicolas Sarkozy et de sa politique. « Parce qu'il est en train de faire disparaître tout ce qu'on a réussi à bâtir au cours des quarante dernières années, en particulier une solidarité qui a toujours cimenté notre société », analyse Guy Ruchaud, qui ne compte plus le nombre de manifestations à son actif.
« Je dis merci aux syndicats »
Hier, il était encore là, avec son épouse, « parce que les retraites par répartition vont disparaître, mais aussi parce que les salariés ont du mal à vivre et que le chômage progresse ». Gilles, autre jeune retraité, était partagé entre l'étonnement, « devant une telle affluence », et une certaine émotion. Il y a bien longtemps qu'il n'avait pas manifesté. « Je dis merci aux syndicats qui ont su s'allier. » Olivier, un quadra travaillant dans la banque, est là aussi, « par solidarité avec ceux qui soufrent, même si moi, je ne suis pas vraiment à plaindre ». Dans l'interminable cortège, s'étirant sur près d'un kilomètre, les lycéens sont là. Comme Simon, qui est « contre les réformes de Darcos et contre une forme de dictature moderne ».
Quelques élus socialistes sont là aussi, en particulier ceux de La Roche-sur-Yon. Pour l'occasion, ils ont revêtu leur écharpe tricolore, signe ostentatoire que l'heure est grave. Pierre Regnault, le maire, dans un mélange de gravité et de gourmandise, tacle la politique sarkozyste qui a mis les gens dans la rue. « Cette politique favorise les classes aisées au détriment des plus faibles. »
Même la politique de relance de la droite ne trouve pas grâce à ses yeux, car pas assez audacieuse, « et surtout mal orientée ». « Aujourd'hui, des lycéens aux retraités, c'est un malaise profond qui s'exprime », constate Jean-Marc Jolly. « J'espère que Sarkozy, cette fois, il a vu qu'on était dans la rue. »
Ouest-France