informations du syndicat CGT de la société Arrivé - Maître Coq, une entreprise du groupe LDC.
TONNEINS 47. Les JLG ont obtenu satisfaction après trois semaines de grève et l'épisode des bouteilles de gaz. Si la menace a pesé, eux préfèrent mettre en avant leur unité
«Ils n'avaient pas d'autre choix. » Christian Amadio, le secrétaire du CE de JLG France, a le triomphe modeste. Malgré les ovations que lui ont réservées les quelques dizaines de salariés qui avaient fait le pied de grue jusqu'à plus d'une heure du matin en mairie de Tonneins, dans la nuit de jeudi à vendredi. Les négociations furent en effet longues - plus de sept heures - et âpres. Mais elles ont fini par payer. « Nous avons obtenu gain de cause, c'est correct. Pas plus. » L'accord porte sur une prime de 30 000 euros pour chacun des 53 employés qui seront licenciés, dans le cadre du plan social annoncé par la direction du fabricant de nacelles élévatrices en avril. Leurs noms devraient être connus mi-septembre.
Les salariés s'étaient juré de faire bloc jusqu'au bout afin que ces dernières aboutissent dans la soirée, voire au petit matin si nécessaire. Personne ne devait quitter la table des négociations avant qu'un protocole d'accord comprenant des conditions de départ jugées décentes ne soit couché sur le papier. Même l'orage, qui a éclaté en début de soirée, n'a pas douché leurs espoirs. Les plus endurants ont trouvé refuge dans l'hôtel de ville, avec le maire Jean-Pierre Moga. « C'est le seul élu que l'on veut remercier, tient à faire savoir Christian Amadio. Lui a toujours été à nos côtés, les autres nous ont vraiment déçus. »
Reprise du travail lundi
Mais que l'attente fut longue pour la centaine de salariés grévistes qui reprendront le chemin du travail lundi, après trois semaines d'occupation des sites de production, ponctuées d'actions coup de poing. « Usés mentalement », certains ont craqué en attendant l'issue des négociations. D'autres, comme Pascale, agent de recouvrement, qui est venue grossir les rangs des grévistes au début de la deuxième semaine, se sont assoupis : « On savait que c'était l'étape décisive. Chacun accusait à sa façon le contrecoup de ces trois semaines. Moi, j'ai lâché, je me suis endormie. »
Pendant que certains de ses collègues se relayaient, l'oreille collée à la porte de la salle des mariages pour essayer d'obtenir une bribe d'information, jouaient à la pétanque ou sirotaient un petit jaune, Pascale avait fermé les yeux, la tête appuyée sur Jean. Avant le début du mouvement, elle ne connaissait le monteur électromécanicien que de vue. Depuis, beaucoup de choses ont changé : « On était les salariés de l'entreprise au départ. Désormais, pour beaucoup, on a l'impression de faire partie de la même famille. On a appris à se connaître et on s'est découvert des affinités », sourit la jeune femme.
« À chaque interruption de séance, on voyait le sourire grandir sur le visage des élus du CE. C'était bon signe », racontait Hélène, ce matin, les traits tirés. Car si l'attente a été longue, la fête qui a suivi dans les locaux de l'entreprise, et que certains ont prolongée jusqu'à l'aube, a aussi laissé des marques : le besoin de décompresser était trop fort.
Prime à la bonbonne
source : www.sudouest.com