informations du syndicat CGT de la société Arrivé - Maître Coq, une entreprise du groupe LDC.

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Blocage des plate-formes de la distribution

David Adémas
Hier, des agriculteurs ont vidé deux poids lours chargés de poudre de lait qu'ils ont répandue sur la voir express à hauteur de Ploumagoar, près de Guingamp : David Adémas

Plates-formes, magasins... Les opérations se sont multipliées, hier, surtout dans l'Ouest. Elles doivent se poursuivre aujourd'hui. L'évolution du conflit reste incertaine.

Blocages. Une spécialité agricole depuis plusieurs jours. Des laitiers au départ. De toutes les productions désormais (bovins, porc, fruits et légumes...). Et plus encore, hier, autour de trente-neuf plates-formes de la grande distribution, des hypers et des supermarchés qu'elles alimentent, dans le cadre de l'action nationale de quarante-huit heures de la FNSEA, devancée depuis plusieurs jours par les producteurs de l'Ouest.

C'était le cas, hier, à la Scarmor (Leclerc), près de Brest, à l'entrepôt Système U de Trélazé, près d'Angers, à la base Intermarché de Mellac (Finistère), à celles de Saint-Gérand, près de Pontivy, de Rostrenen (Côtes-d'Armor), à la plate-forme Casino de Gaël (Ille-et-Vilaine), aux bases Lidl de Sautron (Loire-Atlantique) et Guingamp, etc.

Diversité. Les manifestants de la région de Guingamp aiment la variété : blocage de la base Lidl de Ploumagoar, déversement de poudre de lait sur la voie express, blocage des carrefours de Guingamp, de la gare SNCF, de la mairie... Avec de nombreux dégâts au passage.

Déchets. Lisier, fumier, vieux pneus, vieilles bâches, palettes, pommes de terre germées servent à bloquer les accès aux plates-formes. Mais aussi aux magasins : Leclerc d'Avranches, Lidl de Torigny-sur-Vire (Manche)...

Proposition. Celle formulée, hier soir, à Rennes, par Leclerc et reprise par Système U Ouest : rétrocéder aux éleveurs, via les laiteries, 10 centimes d'euro par litre de lait vendu dans les magasins. Reste à en définir les modalités, certainement compliquées, mais les deux enseignes se disent prêtes à les mettre en place.

Paroles. Michel Barnier, le ministre de l'Agriculture, menace : si la grande distribution ne joue pas le jeu de la transparence de ses marges, dont l'ampleur est critiquée par les agriculteurs, il est « décidé à envoyer des inspecteurs du ministère des Finances pour aller chercher les informations » dans les magasins.

Réaction de Jean-Michel Lemétayer, le leader de la FNSEA : les agriculteurs sont « en train d'être entendus par le gouvernement ». Ce qui n'empêche pas la poursuite des blocages que, de toute manière, la base n'était pas prête à lever. Jean-Michel Lemétayer devrait rencontrer Nicolas Sarkozy, peut-être mercredi.

Faux frères. La Coordination rurale, qui appelle à stopper les blocages de la FNSEA, qualifiés de « réelle démonstration d'incapacité et d'immaturité ». La Confédération paysanne, qui accuse la FNSEA d'une « opération d'intoxication » pour faire oublier qu'elle a signé l'accord sur le prix du lait dénoncé par les producteurs.

Soutien. Celui du député UMP Jean-Paul Charié, rapporteur de la loi sur la modernisation de l'économie (LME), censée équilibrer les relations entre distribution et fournisseurs, aujourd'hui critiquée par les agriculteurs.

Leur « colère est justifiée, dit-il, car, de fait, les prix baissent pour eux et augmentent pour les consommateurs ». Explication : des distributeurs torpillent. « Le juste équilibre » imposé par la loi.
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