informations du syndicat CGT de la société Arrivé - Maître Coq, une entreprise du groupe LDC.
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Les syndicats ont dénoncé une tentative de diversion du patronat au lendemain de vives critiques de Laurence Parisot, la présidente du Medef, contre la CGT, qu'elle a accusée de démagogie. Ils prédisent une forte mobilisation jeudi.
Lors de sa conférence de presse mensuelle mardi, Laurence Parisot a déploré le coût de la nouvelle journée interprofessionnelle de grèves, après celle du 29 janvier, dénonçant un "coût en démagogie et en illusions créées".
La présidente du Medef a en outre accusé la centrale syndicale d'avoir provoqué des fermetures d'entreprises et des destructions d'emplois, notamment à Marseille.
Pour le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, ces propos sont de nature à amplifier la mobilisation de jeudi.
"Mme Parisot est dans une extrême difficulté pour justifier ce qui se passe dans les entreprises, pour justifier les aides publiques dont bénéficient le grandes entreprises qui restructurent aujourd'hui et tentent pour s'en sortir de porter le discrédit sur les syndicats de salariés", a-t-il dit sur Europe 1.
"Elle fait preuve d'un archaïsme d'un autre temps et elle contribue à sa manière à tendre un peu plus la situation", a-t-il ajouté. "Il ne faudra donc pas s'étonner que cela provoque un peu plus de participation dans les manifestations de jeudi avec singulièrement le Medef comme cible", a-t-il prévenu.
Dans un communiqué de la CGT, Bernard Thibault estime que "cette tentative de diversion appelle une seule réponse : une grande journée de mobilisation".
PARISOT NE COMPREND PAS LES FRANÇAIS
Pour sa part, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a jugé inacceptables les déclarations de Laurence Parisot, surtout "dans les oreilles des salariés licenciés".
"La présidente du patronat dit aujourd'hui qu'exprimer ses difficultés, c'est de la démagogie. C'est insupportable ces propos-là", a-t-il déclaré sur i-Télé.
Pour Martine Aubry, premier secrétaire du Parti socialiste, Laurence Parisot "n'aide pas notre pays à sortir de la crise".
"Je ne crois pas qu'elle aide les petites et moyennes entreprises qui sont gênées par les grands groupes. Elle défend les grandes entreprises, les banques", a ajouté l'ancienne ministre socialiste du Travail sur l'antenne de Canal+.
La présidente du Medef "a une vision qui n'est pas celle du monde économique qui fait la richesse de la France. Elle ne comprend absolument pas ce que vivent les Français", a poursuivi Martine Aubry. "Aujourd'hui, nous n'avons que des patrons qui parlent finance à court terme".
Les propos de Laurence Parisot sur la CGT, a encore dit Martine Aubry, sont "indécents, et je dirais même peut-être indignes, lorsqu'elle s'attaque à une organisation syndicale qui défend, soutenue par les Français, la situation actuelle, c'est-à-dire des Français inquiets face à l'arrivée massive des licenciements, face à un pouvoir d'achat qui baisse".
Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, sans vouloir se prononcer sur la polémique entre syndicats et patronat, a jugé qu'il n'était "pas anormal qu'il y ait un certain nombre d'inquiétudes qui se manifestent" en France.
Laurence Parisot, présidente du Medef, s’est livrée hier à une violente charge contre la mobilisation unitaire du 19 mars et plus particulièrement contre la CGT.
En considérant les grèves et les manifestations de demain, qui s’annoncent d’une ampleur exceptionnelle, comme empreinte « de démagogie et d’illusions », la « patronne des patrons » confirme son incapacité à comprendre ce qui bouge dans la société française et les 75 % de Français qui soutiennent cette mobilisation.
En cherchant à porter le discrédit sur la CGT, accusée d’être « responsable de la fermeture d’entreprises », la présidente du Medef tente désespérément d’échapper aux critiques à l’égard d’un patronat sourd face aux revendications et avocat permanent d’un système économique où les salariés sont les principales variables d’ajustement.
Cette tentative de diversion appelle une seule réponse : une grande journée de mobilisation interprofessionnelle et unitaire et un renforcement de la CGT.
Montreuil, le 18 mars 2009