informations du syndicat CGT de la société Arrivé - Maître Coq, une entreprise du groupe LDC.
Le collectif des unions locales interprofessionnelles CGT de Moselle-Est était réuni à Saint-Avold ce lundi pour créer... un autre collectif. Ce groupe planchera sur le thème "droits, libertés et actions juridiques". Le syndicat entend ainsi renforcer une sorte de pôle chargé des questions de législation du travail. Richard Caudy, porte-parole du collectif, explique pourquoi.
Le Républicain Lorrain : Un collectif "droits et libertés", pour faire quoi ?
Richard Caudy: On veut optimiser nos interventions pour défendre les droits des salariés individuellement et collectivement. Ces derniers temps, les remises en cause de ces droits sont de plus en plus importantes. Aujourd'hui, nous en sommes à gérer les conséquences de ce phénomène. En mettant en place un collectif sur ce thème, on veut s'attaquer plutôt aux causes, agir en amont. Bref, avant que les gens soient mis à la porte de leur entreprise.
Concrètement, cela prendra quelle forme ?
Nous allons dégager un lieu dédié aux droits et aux libertés, c'est-à-dire un endroit où les salariés pourront nous alerter et s'informer. On s'appuiera sur nos conseillers prud'homaux, nos conseillers des salariés, les animateurs de notre point info de Freyming-Merlebach. On va réunir toutes ces énergies. Le Droit du travail, c'est compliqué et ça évolue tout le temps. En plus, rien n'est fait pour le rendre lisible par les salariés. Il faut apporter de la clarté.
Quelles sont ces entorses à la législation que vous relevez ?
Il y a une explosion des licenciements pour faute sur des motifs futiles ou des choses qui valaient à peine un avertissement il y a quelques mois. C'est vrai dans toutes les branches, de la chimie à la grande distribution. Des baisses de rémunérations sont imposées sous prétexte de la crise, on le voit beaucoup dans le bâtiment. On vous change votre qualification et le tour est joué.
Surtout, tout est fait pour éviter les licenciements économiques qui coûtent chers à l'entreprise mais garantissent pourtant les droits du salarié. Les patrons abusent de la loi sur la rupture conventionnelle du contrat de travail, entrée en vigueur en 2008 malgré nos protestations vigoureuses. C'est un dispositif qui, en théorie, consiste en une séparation à l'amiable. Mais, dans la réalité, on voit bien que le rapport de force joue contre le salarié. Des effectifs de grandes entreprises fondent ainsi sans aucun plan social. Pire, certains employeurs ne versent plus de salaire, mais ne licencient pas. Nous avons eu plusieurs cas aux Prud'hommes cette semaine. Les gars n'étaient plus payés depuis quatre mois.
Ne s'agit-il pas de faits isolés, marginaux ?
Absolument pas. Ce sont des techniques patronales qui s'intensifient en cette période bien particulière. Indéniablement, des employeurs peu scrupuleux profitent de la crise pour licencier ou se séparer de personnel à moindre coût, parfois même en contournant la procédure. Notre nouveau collectif continuera à le dénoncer, y compris par des actions fortes et visibles.
Propos recueillis par Stéphane Mazzucotelli.