LOCMINÉ (Morbihan), 6 sept 2008 (AFP) - Quelque 700 personnes, selon la CGT et les gendarmes, dont Olivier Besancenot, ont manifesté samedi à Locminé (Morbihan) contre le plan social annoncé en juillet par le groupe volailler Doux, qui prévoit la suppression de quelque 630 emplois dans trois usines du Morbihan et du Cher. A l’appel de la CGT, les manifestants, parmi lesquels 200 salariés environ de l’usine de production de dindes de Locminé, ont défilé dans la ville pendant deux heures derrière la banderole "Vivre et travailler au pays". Plusieurs dizaines de membres de la LCR fermaient le cortège, parmi lesquels Olivier Besancenot qui s’est entretenu avec des salariés en fin de défilé, a constaté un correspondant de l’AFP. Premier groupe volailler européen, Doux avait annoncé le 10 juillet la fermeture des sites de production de Locminé et du Châtelet (Cher), ainsi que l’arrêt de l’activité d’abattage de canards à Pleucadeuc (Morbihan), entraînant la suppression de 629 emplois. 274 reclassements internes sont prévus.
Olivier Besancenot, le héraut de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), aux côtés des salariés du groupe volailler Doux, s'est campé en réel opposant à la politique de Nicolas Sarkozy. En "catalyseur", dit-il, d’une colère qui ne cesse de monter.
Besancenot laisse parler, écoute, approuve du regard. Plus tard, quand il prend la parole devant une soixantaine de manifestants, réunis dans la pénombre étrange d’un bowling-boîte de nuit, le trotskiste s’emploie à transformer la détresse en indignation. "Je suis ici pour vous dire qu’on est écoeurés par ces licenciements invisibles dans les JT, explique-t-il, assis sur un tabouret de bar. Pour nous, le groupe Doux est la caricature de ce qui se passe partout. Ils ont palpé toutes les subventions possibles, c’est du détournement de fond public. Ce n’est pas aux travailleurs de payer les erreurs des patrons." Il exhorte son assistance à se battre. "C’est votre mobilisation, je ne vais pas me l’approprier, mais je tâcherai de la relayer nationalement. Ne baissez pas les bras." Ou encore : "Si on met bout à bout tous ceux qui sont en train de se faire allumer par le patronat ou par Sarkozy, on peut faire du raffut."
Le témoignage d'un salarié sur sa situation ici