informations du syndicat CGT de la société Arrivé - Maître Coq, une entreprise du groupe LDC.
Anne SalomonLa filière avicole fait l'objet d'une enquête depuis novembre 2007, à la demande du ministre des Finances.Crédits photo : Le Figaro
La polémique sur les prix de l'alimentaire à peine calmée, c'est au tour de la filière avicole de faire l'objet de tous les soupçons. Une enquête la concernant est en cours depuis novembre 2007, à la demande du ministre des Finances. Il faut dire que la DGCCRF, la police des fraudes à la consommation, avait déjà réuni de nombreux indices signalant l'existence d'une entente entre les professionnels français de la volaille.
Les enquêteurs avaient en réalité détecté des anomalies dans les rayons boucherie-volaille des grandes surfaces dès 2006. Les relevés d'étiquettes effectués dans différents magasins présentaient des concordances troublantes. À cela s'étaient ajoutées les déclarations explicites d'un grossiste en volaille dont le rôle consiste à acheter, emballer et étiqueter avant de revendre le produit aux distributeurs.
Couvert par l'anonymat, il avait révélé que les abattoirs fixaient des prix minimum de vente au consommateur pour «tous les produits à caractère médiatique et à volumes importants». Il avait précisé que cette pratique existait depuis une vingtaine d'années sur les produits labellisés et depuis une douzaine d'années pour les autres.
Le grossiste avait même fourni aux enquêteurs des grilles de prix minimum conseillés qui lui avaient été envoyés directement par les entreprises Ronsard, Sovol (groupe Gastronome) et Fermiers landais (groupe Arrivé). Sa marge de manœuvre pour afficher un prix inférieur était nulle puisqu'à la moindre entorse il risquait tout simplement de ne plus être livré.
Ces propos déjà très éclairants ont ensuite été corroborés par d'autres et notamment certains responsables des rayons volaille de la grande distribution. Chez Auchan notamment, plusieurs salariés ont confirmé que la Fédération des éleveurs de volaille «définit interprofessionnellement des prix de vente minima pour la volaille au kilo, y compris la découpe.»