Jean-luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle.
« C'est une démonstration de force extraordinaire de la CGT. être présent est un devoir pour un candidat de gauche. Il s'agit de la première centrale syndicale du pays. Ses déclarations sont donc très importantes. Le Front de gauche se sent très proche du discours qu'a prononcé Bernard Thibault, que ce soit sur le niveau du Smic, sur les retraites ou sur le refus des fameux pactes de compétitivité. Cette convergence est à souligner. J'ai trouvé dans cette salle un écho de ce que je connais de la CGT sur le terrain. C'est une force active, dynamique, avec beaucoup d'enthousiasme généreux et simple, même quand les salariés souffrent beaucoup. Le meeting est à l'image de la CGT. C'est une salle dans laquelle Sarkozy ne passe même pas le premier tour de la présidentielle. Quant à moi, au milieu de ces syndicalistes, je suis très bien placé pour le premier tour. »
Harlem Désir, secrétaire national du Parti socialiste à la coordination.
« C'est la place normale du Parti socialiste d'être auprès des organisations syndicales. Il faut que continue à s'exprimer ce rapport de forces né au moment de la réforme de 2010, y compris dans les urnes, car nous en aurons besoin ensuite. François Hollande a d'ores et déjà pris des engagements pour garantir le droit de partir à soixante ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt. C'est rétablir la justice pour les carrières longues, qui sont souvent aussi les plus pénibles, et pour lesquelles la réforme Fillon est une terrible injustice. Il y aura une négociation, à l'été 2012, dans laquelle le dialogue social devra jouer pleinement son rôle, pour définir des règles selon l'espérance de vie, la pénibilité, les taux de remplacement ainsi que le montant des retraites. Il y a d'autres sujets, touchant au financement : faire contribuer les revenus du capital, ceux des banques nous avons fait des propositions en ce domaine. »
Eva Joly, candidate d'Europe écologie-les Verts à l'élection présidentielle.
« Nous sommes pour maintenir la retraite à soixante ans à taux plein même pour les salariés qui n'ont pas toutes leurs cotisations, et ce sans pénalité. Les questions sociales sont centrales dans ma campagne. Il faut prendre conscience que l'écologie est la solution aux problèmes des salariés, que notre vision de la reconversion écologique crée de l'emploi. J'ai rencontré la CGT à Angoulême chez Schneider Electric. Nous avons constaté que nos points de vue convergent complètement. Ils subissent la délocalisation parce que Schneider Electric veut aller en Asie du Sud-Est car les règles sur la pollution y sont moins contraignantes. Le fait d'observer internationalement les règles et de protéger l'environnement est vraiment un combat commun. »
Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti anticapitaliste à l'élection présidentielle.
« Nous sommes pour la retraite à soixante ans. Cependant le distinguo que je fais c'est que pour moi il faut revenir à 37,5 ans d'annuités pour tous, comme cela était le cas dans le public comme dans le privé en 1993. Ce que ne revendique plus, malheureusement, la CGT. Nous sommes d'accord sur la nécessaire mobilisation, même si nous avions encore des divergences avec la CGT sur la façon de mener la lutte en 2010. Il aurait fallu aller vers des solutions plus radicales, comme le blocage de l'économie ou la grève générale. Mais je suis là aujourd'hui entièrement dans le combat de la CGT. Dans la campagne électorale, les questions de la retraite, de la réduction du temps de travail, de l'interdiction des licenciements sont les trois piliers de mon combat. »
Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière à l'élection présidentielle.
« C'est tout à fait naturel que je réponde positivement à l'invitation de la CGT, d'autant que je suis une militante de la classe ouvrière. J'ai été de toutes les manifestations et de toutes les grèves organisées à l'automne 2010 pour essayer de contrer le projet de réforme sur les retraites. Quelles que soient les divergences que l'on peut avoir, il est important que l'on puisse échanger, dans une ambiance fraternelle. Le combat reste à mener pour le retour du droit à la retraite à soixante ans pour tous. Si, avec ce meeting, il s'agit seulement d'interpeller les candidats et de demander de rétablir les droits des travailleurs, cela ne suffira pas. J'espère que les confédérations syndicales proposeront un plan de lutte pour les travailleurs. »
Propos recueillis par Mina Kaci, Max Staat et Lionel Venturini
source : L'Humanité