+ 4,4 %, c’est l’augmentation du panier moyen des consommateurs en 2011
Selon l’observatoire de l’association Familles rurales, il s’agit là de l’évolution des prix de 35 produits de consommation
courante, 35 produits faisant partie des « incontournables », dont bien évidemment la quasi-totalité dans l’agroalimentaire.
Ce chiffre accablant signe l’échec du gouvernement sarkozyste, grand pourfendeur de la vie chère. Il avait fait voter une
loi « de modernisation économique » qui devait permettre la baisse des prix et la hausse du pouvoir d’achat des salariés. Si l’on en doutait encore, son objectif était bien l’octroi à la grande
distribution de privilèges exorbitants. Loin de tenir ses engagements de « baisser les prix » grâce à cette loi, la grande distribution engrange les profits sur le dos des salariés, des
consommateurs, des agriculteurs.
De 0 % à 1,8 % d’augmentation des salaires conventionnels
Dans les différentes branches des professions agricoles et alimentaires, les négociations annuelles obligatoires réalisées
en 2011, dans le cadre des conventions collectives, ont vu le patronat s’aligner sur des augmentations salariales de 0 % à 1,8 %. « La concurrence libre et non faussée » n’a aucune prise
lorsqu’il s’agit pour les patrons de pressurer un peu plus les salariés. Ils s’appuient sur les orientations du Medef et du gouvernement pour imposer une baisse massive du pouvoir d’achat.
De 20 % à 100 % de progression de la marge nette des entreprises
Tandis que le patronat octroyait une augmentation des salaires conventionnels inférieure à l’inflation en 2011 sous
prétexte de crise économique et financière, les profits explosaient au mépris de toutes des prévisions négatives. Décidément la crise n’est pas pour tout le monde. La Revue des Industries
Agroalimentaires le démontre dans une enquête portant sur les 100 plus grandes entreprises du secteur. En 2010, l’enquête révèle une progression avoisinant les 20 % de marge nette, voire un
doublement pour les 10 plus rentables.
Un budget alimentaire entre 22 % et 35 %
Le patronat dans son ensemble, et celui des IAA en particulier, joue de l’argument de la diminution de la part de
l’alimentation dans le budget des consommateurs comme ça l’arrange. Tantôt avançant le chiffre de 13 % (effaçant d’un trait de plume les boissons et la restauration hors foyer) pour minimiser
l’importance d’une hausse des salaires, tantôt reprenant le même argument pour justifier de prétendues difficultés de croissance des ventes, les Français ne mangeant plus à les en croire
!
Remettons les choses à leur place. Selon l’INSEE, le budget alimentaire (y compris les boissons, la restauration hors foyer
et le tabac) représentait 22 % du budget total en 2009. Ce budget peut atteindre jusqu’à 35 % pour les ménages aux revenus les plus faibles. De plus, le calcul du budget alimentaire ne prend
nullement en compte l’aide aux plus démunis dispensée par les associations caritatives. A titre d’exemple, les Banques alimentaires ont distribué 185 millions de repas en 2010 dont ont pu
bénéficier 740 000 personnes. Le Secours Populaire Français, les Resto du Coeur, le Secours Catholique en distribuent également quelques centaines de millions.
Montreuil,
Le 31 janvier 2012
source : FNAF CGT.fr